04 90 09 83 83Lun - Ven 8h30 / 17h00 fermé mardi et jeudi après-midi

Discours de M le Maire Adrien VOGEL du lundi 19 octobre suite aux événements du 17 octobre 2026

Monsieur le maire honoraire,

Madame la Conseillère départementale, chère Noëlle,

Mesdames, messieurs les élus du Conseil municipal,

Mesdames, messieurs, élus du Conseil municipal des Jeunes,

Mesdames, messieurs,

Ce week-end, j’ai eu l’honneur d’assister à la cérémonie de remise de la Légion d’honneur à mon oncle, âgé de 100 ans, en reconnaissance de son engagement dans la Résistance.

Lui qui a connu les heures les plus sombres de l’Occupation, lui qui a vécu l’horreur et la peur, a choisi de garder le silence pendant une grande partie de sa vie. Ce n’est que depuis quelques années qu’il a accepté de partager son témoignage.

Ce moment de reconnaissance et d’émotion m’a profondément marqué. Il m’a rappelé notre histoire, mais surtout le courage de ces femmes et de ces hommes qui, au péril de leur vie, ont fait le choix de résister. Des femmes et des hommes qui se sont battus pour que notre pays retrouve sa liberté, pour que notre République puisse vivre et pour que les générations suivantes puissent grandir dans un pays libre.

La liberté dont nous jouissons aujourd’hui n’est pas un acquis sans histoire. Elle est le fruit de sacrifices, d’engagements et de combats. Nous avons le devoir de nous en souvenir, mais aussi celui de la défendre.

Et pourtant, pendant que nous rendions hommage à ces valeurs, notre pays était confronté à des scènes de violence et de chaos.

Je veux être clair : les revendications de celles et ceux qui s’inquiètent de la dégradation de leurs conditions de vie, de la baisse de leur pouvoir d’achat ou encore des difficultés de notre système éducatif doivent être entendues. La colère sociale existe. Elle peut être légitime. Manifester, revendiquer, contester une politique : tout cela fait partie de notre démocratie.

Mais ces citoyens qui expriment pacifiquement leurs préoccupations ne doivent pas être confondus avec ceux qui choisissent la violence.

Car ce sont malheureusement d’autres images que nous avons vues : l’hôtel de ville de Limoges incendié, l’office de tourisme de Lyon pillé et incendié, la résidence officielle de la préfecture de Gironde saccagée, un commissariat de police à Marseille pris pour cible, et jusqu’au buste de Marianne, renversé devant la mairie de Marseille.

Lorsque Marianne est mise à terre, ce n’est pas seulement un symbole que l’on renverse. C’est l’image même de notre République que l’on cherche à atteindre.

Ces actes sont inacceptables. En ma qualité de maire de Villelaure, je les condamne avec la plus grande fermeté.

S’attaquer aux bâtiments publics, c’est s’en prendre aux lieux qui appartiennent à tous. C’est s’attaquer aux services rendus à la population, aux institutions qui garantissent nos droits et aux principes qui nous permettent de vivre ensemble.

La République n’appartient ni à un parti, ni à un courant politique, ni à une catégorie de citoyens. Elle est notre bien commun.

Et si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est précisément parce que nous croyons en ses valeurs, parce que nous refusons que la violence se substitue au débat et parce que nous considérons que rien ne peut justifier que l’on détruise ce qui nous rassemble.

Mais derrière les bâtiments dégradés et les images spectaculaires, il y a aussi des femmes et des hommes dont on parle trop peu : les commerçants, les artisans, les entrepreneurs qui ont vu leur outil de travail saccagé, parfois en quelques minutes.

Derrière chaque commerce, il y a des années d’efforts, des économies investies, des sacrifices personnels et souvent un véritable projet de vie. Derrière chaque vitrine brisée, il y a une inquiétude, parfois un avenir fragilisé, et toujours des personnes qui n’ont rien demandé.

On peut défendre ses convictions avec force. On peut contester, manifester, s’opposer. Mais rien ne justifie de détruire le travail d’autrui. Et l’on ne saurait prétendre défendre la justice en piétinant celle des autres.

Je veux également avoir une pensée particulière pour nos forces de l’ordre et nos sapeurs-pompiers, une nouvelle fois exposés aux violences et aux risques pour protéger nos concitoyens.

J’adresse aussi mon soutien aux maires des communes touchées, à leurs élus et à leurs agents municipaux, notamment aux équipes techniques qui doivent, dès le lendemain, réparer, nettoyer et tenter de rendre aux habitants des lieux de vie meurtris.

Ces femmes et ces hommes assurent chaque jour la continuité du service public. Ils méritent notre respect, notre reconnaissance et notre solidarité.

Enfin, à l’approche de l’élection présidentielle, je souhaite adresser un message aux responsables politiques et à l’ensemble des candidats.

Dans les périodes de tension, la responsabilité de celles et ceux qui aspirent à diriger notre pays est immense. Les mots ont un poids. Les prises de position ont des conséquences. Personne ne devrait chercher à tirer profit du désordre ou à attiser les divisions.

La fonction politique exige de la hauteur. Elle impose de rassembler plutôt que de diviser, d’apaiser plutôt que d’enflammer, de proposer plutôt que d’exacerber les tensions.

Les Français attendent des réponses, du courage et de la responsabilité. Ils attendent que leurs représentants soient à la hauteur des défis du moment. À défaut, la défiance envers nos institutions ne fera que grandir.

Chères Villelauriennes, chers Villelauriens,

À notre échelle, dans notre village, nous avons aussi une responsabilité. Celle de faire vivre le respect, le dialogue et la solidarité. Celle de défendre nos services publics et nos institutions. Celle de transmettre aux générations qui viennent le sens de l’engagement et l’attachement à nos libertés.

Le témoignage de mon oncle, cent ans après sa naissance, nous rappelle une vérité essentielle : la République ne tient pas uniquement à ses bâtiments, à ses institutions ou à ses symboles. Elle tient d’abord aux femmes et aux hommes qui la font vivre, qui la respectent et qui s’engagent pour elle.

Là où certains choisissent la destruction, choisissons la construction. Là où certains cherchent la division, faisons vivre l’unité. Et là où certains s’attaquent à notre République, soyons toujours plus nombreux à la défendre.

C’est ensemble, dans le respect de nos différences et dans l’attachement à ce qui nous rassemble, que nous saurons être à la hauteur de notre histoire et de notre avenir.

Vive la République !

Vive la France !



/